Depuis la frontière canadienne, nous avons parcouru 373 km et gravi 11 056 m de dénivelé.
Cette 3eme partie a débuté par une matinée d'auto-stop qui s'est plutôt bien passée pour nous, pas trop d'attente entre les deux voitures pour couvrir les 50 km de chemins de terre qui mènent jusqu'au départ. D'autres marcheurs ont attendu 2h30....
Nous sommes tout heureux d'être de retour sur le trail en dépit du poids de notre chargement. C'est d'ailleurs devenu une plaisanterie en endossant notre sac chaque matin : " franchement ! mon sac n'a jamais été aussi lourd !"
Le temps se couvre, nous essuyons notre premier orage avec deux heures de pluie drue en continu, soulagés d'être à l'abri sous notre tente juste avant les premières
gouttes. A l'abri ? Pas complétement car la toile vieillissante, légère et fragile, laisse filtrer quelques gouttières dont il nous faut tenir compte.
Cette étape de 5 jours se caractérise par de plus gros dénivelés ainsi que des montées et descentes continues de crêtes en cols souvent arrondis comme les ballons des Vosges.
Le panorama, immense, s'étend sur les montagnes à droite aussi bien qu'à gauche, à perte de vue. A chaque sommet la vue est à 360°.
Tout est sujet à photographier, tout est beau, tout est immense, sans trace humaine à part la mince ligne de notre cheminement derrière et devant nous.
Le vent, rafraichissant sous le soleil, devient de plus en plus fort, jusqu'à nous déstabiliser dans la dernière longue ascension du "Green Mountain", tant redoutée par les marcheurs du CDT.
Pour notre dernier soir, difficile de trouver un emplacement plat et suffisamment grand pour y planter la tente. Il faut aussi nous protéger du vent très violent.
Nous optons pour un "cowboy camp" qui consiste à dormir à la belle étoile. Pour se faire, nous aménageons un espace suffisamment large pour y mettre nos deux matelas côte à côte en écartant les branches basses d'un pin et les retenant par des cordes.
Le procédé va s'avérer parfaitement efficace : pas de vent et une nuit sereine, bien au chaud dans nos duvets, sous un ciel lunaire et étoilé.
Le lendemain, après avoir assisté au lever du soleil, nous faisons sécher les duvets recouverts de rosée en prenant notre petit déjeuner à l'abri du vent derrière des rochers, devant un panorama de montagnes impressionnant.
Durant tout ce périple nous avons été dépassé par d'autres marcheurs, l'inverse ne s'étant jamais produit, nous nous octroyons sans complexe la médaille des plus lents marcheurs !